INVISIBLE(S)

514juo piul sx322 bo1 204 203 200

CHRONIQUE DE NADINE :

 

Titre : INVISIBLE(S)

 

Auteur : Loana Hoarau

 

Parution : 08/11/2017 – CreateSpace Publishroom

 

158 pages d’horreur glauque.

 

Il était une fois, une famille composée d'un père, des 3 frères et d’une sœur, qui vivent en haute Saône. C'est le plus jeune des frères, Lucas, attardé mental, qui nous raconte l'histoire de sa famille complément déjantée.

Ils habitent dans une ferme, loin de tout et délabrée, les murs se fissurent, la pluie suinte sur les murs, le vent rentre par tous les interstices. C'est une ferme glauque avec ses habitants aussi glauques, voir même plus...

Lucas avec ses mots simplistes, enfantins et son innocence de « débile » nous décrit avec des détails glaçants, la noirceur d’âmes de sa famille, l’inceste, les tortures, les viols et le sadisme à l’état pur. Et aussi du racisme, qui pour moi, leur permet d'avoir un lien qui les relient au monde extérieur, ils sont moins invisibles !

Thibault et Noël sont jumeaux et les seuls à ne pas vivre à la ferme, ils sont militaires, enfin ils épluchent les patates à la cantine. Quand leurs permissions arrivent, ils passent tout leur temps à la ferme, pour s’occuper de leur père et surtout de Lucas à leurs manières et surtout ils ramènent avec eux à chaque retour chez eux, un auto-stoppeur.

Lucas ne parle pas, sauf à son amie (imaginaire ou pas) aveugle. Y a-t-il une raison particulière que son amie soit aveugle ? Lucas ferme-t-il les yeux sur les agissements de sa fratrie ?

Lucas a aussi un cochon pour ami ! La mère de Lucas est morte en couches à la naissance de sa sœur Justine.

Ils vivent tous en vase clos, sortent rarement au village, ils sont transparents à la vue des autres et peuvent donc agir librement, loin et isolés de tout et même d’eux-mêmes.

À la lecture, on se met de suite à la place de Lucas, on se sent impuissant, on assiste à toutes les tortures physiques et psychologiques, les punitions… comme si on était dans la pièce.

L’écriture de Loana est additive, tous les mots, la ponctuation. Tout est choisi avec une précision déconcertante. Ce qui donne un roman trash, qui nous met mal à l’aise, car on ne peut que assister sans interagir, ça nous retourne les tripes et le cœur.

A lire pour découvrir le monde d’horreur de Loana.

Merci Loana pour cet exceptionnel et déroutant moment de lecture.

 

Résumé :

Dans une vieille ferme improductive de Haute-Saône en Franche-Comté, dans une région de montagnes rocailleuses et escarpées de l’Est de la France, Lucas, surnommé « le débile » par ses frères, vit, en compagnie de son vieux père acariâtre et impotent et de deux jeunes filles (dont une aveugle).

Ces gens sont sociologiquement invisibles. Leur mode d’existence en vase clos est largement vivrier. Lucas garde et nourrit quelques cochons, auxquels il donne encore des noms personnalisés, selon une pratique ancienne d’élevage artisanal.

Tout le monde ici a sa carabine de chasse et le fait d’abattre du gros gibier, pour fins de consommation personnelle, est une pratique courante. Personne ne monte en ces lieux. C’est trop loin, trop escarpé, trop oublié. Les corps constitués (gendarmerie et autres) ne se manifestent jamais.

Par contre, par ici comme partout au monde, on sait parfaitement ce que c’est qu’une caméra et on ignore rien de la mise en ligne anonyme de vidéos sur internet. Et l’on en joue…

Les deux fils aînés de cette petite cellule familiale amputée (amputée notamment de la mère, morte en couches des années auparavant), Noël et Thibault, sont militaires de leur état et ils ne se présentent à la maison de ferme qu’épisodiquement.

Lucas, notre narrateur, est à la fois fasciné et terrifié par ces deux vigoureux compères. Ce sont pour lui des tyrans, des titans, des idoles, des hydres et il voit à scrupuleusement ne pas leur désobéir, car ils ont la torgnole facile et ils sont beaucoup plus intelligents que Lucas.

La période de permission des deux militaires provoque habituellement une grande joie chez leur vieux père et un intense malaise dans le reste de la petite basse-cour. C’est que les deux bidasses du cru ramènent de temps en temps avec eux un invité… habituellement un étranger sans attaches séjournant en France… toujours de sexe masculin. Et cet étranger, ils se mettent… disons, pour faire sobre… à lui enseigner comment chanter adéquatement La Marseillaise, aux fins justement d’un ensemble de petites vidéos très spéciales qu’on entend placer sur internet… anonymement naturellement (les vidéastes portent même des masques). Il s’agit, en fait, d’agir rondement, de ne pas trop en dire et de ne surtout pas se nommer, attendu qu’on entre assez rapidement dans une dynamique procédant imperturbablement, justement, de l’innommable.

On commence maintenant à graduellement voir apparaître ce qu’on pourrait appeler un roman de Loana Hoarau. Dans la lignée terrible et glaçante de ses œuvres antérieures « Mathématiques du chaos », « Buczko », « Soleil à Vazec », notre maîtresse maison de l’horreur assumé, du cruel fin, et du gore explicite ne se laisse pas prier — derechef — pour nous faire entrer, en douceur, mais sans concession, dans les replis rouges comme du sang et incolore comme des larmes de son antre romanesque. Accrochez-vous bien : Loana Hoarau est de retour...

ET LE PLUS TERRIBLE, C'EST QUE DES FAMILLES COMME ÇA, ÇA EXISTE.

 

Pour vous le procurer : Cliquez ici fds2016

Ajouter un commentaire